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Mon parcours sportif (Partie 2) La blessure...

Il y a des jours qui semblent ordinaires.

Des jours où rien, dans l’air ou dans le ciel, ne laisse présager qu’une vie entière va basculer.


La mienne a basculé un matin de septembre 2013.


Je participais à une sélection pour les championnats du monde, et je devais y présenter des séries que je connaissais par cœur.

Je m’étais échauffée comme toujours.

Je souriais, j’étais concentrée, prête.


J’allais enchaîner ma série, une routine apprise depuis des années, répétée des centaines de fois.

Je n’avais pas peur.


Et pourtant, en un instant, tout s’est arrêté.


Je m’élance.


La première série, parfaite.


La deuxième aussi.


Puis on recommence, et là je sens qu’une de mes acrobaties est bien trop longue.

C’est minime, presque imperceptible.


Et soudain, le monde se renverse.

une femme dans un camion de pompier

Ma tête touche le sol avant mes pieds.

Un craquement.

Un silence.


Et ce vide immense, ce silence si fort qu’il m’a fait comprendre avant tout le monde que quelque chose s’était brisé.


Je suis restée là, immobile.

Je voulais bouger, mais mon corps refusait.


Autour de moi, des voix, des pas précipités, des mains qui se posent sur moi.


Je ne sentais plus grand-chose, juste une douleur sourde dans le dos et une peur viscérale : celle de ne plus jamais marcher.


À l’hôpital, les premiers examens n’ont rien révélé.

On m’a dit que tout allait bien, que c’était sûrement un choc.


Mais au fond de moi, je savais.

Je sentais que quelque chose n’allait pas.


Quelques heures plus tard, une IRM confirme ce que je redoutais : fracture vertébrale, ligaments arrachés, instabilité de la colonne.


Ce n’était plus une simple chute, mais une blessure grave, celle qui marque le corps et redéfinit une vie.


Une opération urgente s’imposait.


On m’a posé une plaque de titane pour stabiliser mes vertèbres, ainsi qu’une greffe.

Et surtout, cette question obsédante :


une radio de vertèbre avec des vis

« Est-ce que je pourrais refaire du sport un jour ? »


Les jours qui ont suivi ont été flous.

La douleur.

La morphine.

Les allers-retours des infirmières.


Je me sentais vide, trahie par ce corps qui avait toujours été ma force.


Moi qui savais le contrôler au millimètre près, je ne pouvais plus même tourner sur le côté sans aide.

Chaque mouvement était une montagne.

Chaque respiration, une épreuve.


Je me souviens d’un soir, seule dans la chambre.

Les lumières tamisées.

Le bip régulier du moniteur.


Et cette pensée brutale :


Et si c’était fini ?

Si je devais vivre avec cette douleur, cette impotence ?


Je ne savais plus qui j’étais sans mon sport.

Sans ce corps, que restait-il de moi ?


Pourtant, au fond de cette peur, quelque chose a commencé à naître.

Une sorte de calme, presque imperceptible.


Comme une voix douce, enfouie quelque part à l’intérieur, qui murmurait :


Tu vas t’en sortir.

Pas comme avant, mais autrement.


Cette voix, je ne l’ai plus quittée.


Elle m’a guidée dans les semaines suivantes, quand j’ai dû réapprendre à bouger, à me lever, à marcher.

Elle m’a rappelé que la vie ne s’effondre jamais complètement : elle se transforme.


Et que parfois, il faut tout perdre pour comprendre ce qui compte vraiment.


Je ne le savais pas encore, mais ce jour de septembre marquait la fin d’une vie…et le début d’une autre.


Une vie plus lente.

Plus consciente.

Plus humaine.


Une vie où la performance céderait la place à la présence.


« On croit que la chute nous brise.

En vérité, elle nous révèle. »


Partie 3 à venir prochainement…


Lauriane Lamperim

Kinésithérapeute et ancienne membre de l'équipe de France de Tumbling.

 

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