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Mon parcours (Partie 3) : Réapprendre à vivre après l’accident

Après l’opération, tout est devenu flou.

une fille allongée sur lit d'hopital

Les journées se ressemblaient, rythmées par les soins, la douleur, la fatigue.

Je ne savais plus très bien quel jour on était. Le temps s’était arrêté.


Les premiers jours, je ne pouvais pas bouger seule. Chaque geste, même minuscule, demandait une énergie immense. On m’aidait à m’asseoir, à manger, à me laver. Au début, c’était humiliant.

Moi qui avais vingt ans et qui étais une athlète autonome, forte, disciplinée… j’étais redevenue une enfant.


Chaque matin, ma seule mission était de faire un pas de plus.

Un jour, réussir à m’asseoir pour manger sans soutien.

Un autre, me coiffer seule.

Puis enfin, marcher. Quelques mètres à peine, sous le regard du kiné. Je tremblais, j’avais des vertiges, mais j’avançais.


J’ai appris à observer ce que je prenais toujours pour acquis : respirer profondément, sentir le sol sous mes pieds, lever les yeux vers la lumière. La lenteur m’a reconnectée à la vie.

Moi qui avais passé des années à courir, sauter, chercher la performance, j’ai découvert la beauté de la simplicité.



une femme qui marche avec un kiné

La rééducation a duré plus d’un an. J’ai connu la patience et les frustrations, mais aussi la bienveillance de mon entourage, la douceur des sourires, le soutien de mes proches.

Mon coach venait parfois me voir. Il ne parlait pas beaucoup, mais son regard disait tout. Il croyait encore en moi, pas seulement en l’athlète, mais en la personne.


À mesure que mon corps reprenait vie, mon esprit changeait. Je ne voulais plus seulement “revenir comme avant”. Je voulais comprendre. Pourquoi cette chute ? Pourquoi maintenant ? Et surtout : qu’est-ce qu’elle voulait m’apprendre ?


Petit à petit, j’ai compris que cet accident n’était pas une punition. C’était un message. Un rappel brutal que j’avais vécu en déséquilibre, toujours dans l’effort, rarement à l’écoute. J’avais exigé de mon corps qu’il soit parfait, sans jamais lui demander comment il se sentait. Et il avait fini par crier, à sa manière.


C’est à partir de ce moment que j’ai commencé à dialoguer avec lui. À l’écouter vraiment, à sentir quand il disait “stop” ou “encore”.

J’ai découvert que la guérison ne dépend pas seulement des muscles ou des os, mais de la paix intérieure qu’on reconstruit jour après jour.


Je n’étais plus la gymnaste qui voulait aller plus haut.

J’étais une femme qui apprenait à être entière.

Je me réconciliais avec chaque cicatrice, chaque raideur, chaque peur. Elles ne me définissaient pas, mais elles faisaient partie de mon histoire.


Partie 4 à venir prochainement…


Lauriane Lamperim

Kinésithérapeute et ancienne membre de l'équipe de France de Tumbling.

 

1 commentaire


Patrick LHOIR
il y a 7 jours

Écouter son corps, c’est un fondamental lorsque l’on veut le pousser dans ses limites… Il vous en a fallu de la force et du courage💪

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