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La kiné du périnée ne suffit pas pour reprendre le sport intense après grossesse

une femme allongée sur un tapis

Je suis Lauriane Lamperim, ancienne membre de l’équipe de France de tumbling,

reconvertie en sprint.

Deux ans après mon accouchement, je souhaite partager une vérité qui m’a frappée lors de ma reprise sportive : la rééducation du périnée classique, même complète, n’est pas suffisante si l’on veut revenir à une pratique intense.



1. La rééducation du périnée post-partum : indispensable mais limitée


Après ma grossesse, j’ai suivi ma kinésithérapie périnéale avec sérieux. Tous les indicateurs utilisés par les kinés étaient au vert : tonus musculaire, contractions volontaires, absence de douleurs, contrôle de la continence… tout était parfait. Selon les standards, j’étais prête à reprendre le sport.


Et pourtant… dès mes premières séances de sprint et d’explosivité, j’ai constaté que mon périnée n’était pas prêt. Malgré une rééducation apparemment complète, les contraintes de haute intensité (sauts, accélérations, courses rapides) le mettaient à rude épreuve.


C’était clair : les méthodes classiques préparent le périnée pour la vie quotidienne, mais pas pour des efforts sportifs exigeants.


2. L’expérience d’une sportive : le temps seul ne suffit pas


Avant ma grossesse, je n’avais jamais eu de problème de périnée, même en tumbling où les contraintes sont extrêmement fortes.


Post-partum, j’ai réalisé que le simple fait de récupérer le temps ou d’attendre que le muscle se “renforce seul” ne suffit pas.

Le périnée doit être habitué à gérer la pression, et cela passe par des efforts progressifs et adaptés à la haute intensité.


C’est ce que je n’avais pas fait chez mon kiné et c’est normal, son rôle est de sécuriser la reprise, pas de préparer à des sprints ou des sauts explosifs.


3. La méthode qui a fonctionné pour moi


J’ai appliqué une approche progressive et méthodique, en me mettant face aux contraintes, mais de manière sécurisée :


  1. Recommencer doucement : 1 répétition, puis 2, puis 3.

  2. Augmenter progressivement la durée et l’intensité : 3 mètres à fond, puis 5, puis 10.

  3. Écouter le corps : avancer lentement, sans précipitation, mais toujours en appliquant une contrainte réelle, adaptée à mon niveau.


Cette approche m’a permis de reconstruire un périnée fonctionnel et performant pour la haute intensité, contrairement à la rééducation classique, qui ne prépare pas à ce type de stress.


4. Ce que cela signifie pour toutes les femmes


Si votre objectif est simplement de pratiquer un sport modéré ou non contraignant, la kiné périnéale peut suffire. Mais si vous voulez retrouver vos performances, courir vite, sauter, ou travailler en haute intensité :


  • Ne comptez pas uniquement sur le temps ou sur la rééducation initiale.

  • Soumettez progressivement votre périnée à des contraintes réelles.

  • Respectez la progression : trop vite peut être dangereux, mais trop lent ne suffit pas non plus.


C’est un équilibre subtil entre patience et exposition progressive à l’intensité.


Conclusion


La rééducation périnéale post-partum est indispensable, mais elle ne prépare pas automatiquement à des efforts de haute intensité. Pour retrouver ses performances sportives, il ne suffit pas d’attendre ou de rester dans une zone confortable : il faut réhabituer progressivement le corps à encaisser des contraintes réelles.


Ce que j’ai compris avec le temps, c’est qu’entre une rééducation “validée” et une vraie capacité à courir vite, sauter ou produire de l’intensité… il existe un vrai décalage.


Et surtout, chaque femme est différente.Certaines auront besoin de renforcer davantage, d’autres de réapprendre à gérer la pression, d’autres encore de reprendre l’impact de manière très progressive.

Il n’existe donc pas une seule méthode universelle, ni une progression identique pour toutes.


Aujourd’hui, j’accompagne des femmes dans cette phase de reprise, avec une approche individualisée, qui prend en compte leur niveau, leur historique, leurs sensations et leurs objectifs.


L’idée n’est pas d’aller vite, mais d’aller juste pour retrouver un corps capable de supporter l’intensité sans se mettre en difficulté.


Je prends volontairement peu de personnes pour garantir un suivi de qualité.

Si tu ressens ce décalage dans ta reprise, tu peux me contacter ici pour en discuter.

Lauriane Lamperim


Kinésithérapeute et ancienne membre de l'équipe de France de Tumbling.



Pour les curieux :

Pour aller plus loin et approfondir le sujet, voici les sources sur lesquelles je me suis appuyée


Références bibliographiques

  1. Deffieux X., et al. (2015) — Postpartum pelvic floor muscle training and abdominal rehabilitation: Guidelines

  2. Ibáñez‑Vera A. J., et al. (2025) — Effectiveness of Pelvic Floor Muscle Strength Training to Prevent and Treat Urinary Incontinence in Postpartum Primiparous Women: A Systematic Review

  3. Smith, J., et al. (2025) — Impact of postpartum exercise on pelvic floor disorders and diastasis recti abdominis: a systematic review and meta‑analysis

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